Né dans le Rustinu, à La Stretta di Mérusaglià. Fils de Ghjacintu, dont il est le quatrième enfant, après Marie Francesca, Clemente et Maria Chjara. En Juillet 1739, avec son père Ghjacintu, il s'embarque à La Padulella, et part pour l'exil, à Naples. En 1741, il rentre comme cadet, au Régiment Corsica. En 1742, il est à Gaète, en Italie, avec son régiment. En 1743, il est promu sous lieutenant. En 1745, à Naples, il entre comme élève à l'Académie Royale Militaire d'Artillerie. En Juillet 1749, à Naples, il termine ses années de cours à l'Académie Royale Militaire d'Artillerie. En Novembre, devenu officier dans le Régiment Corsica, il demande, en vain, à Antoniu de Buttafuoco de bien vouloir le recommander auprès du maréchal de Cursay pour entrer au service de l'armée française. Le Régiment Corsica étant dissous, il entre au Real Farnese, et est en garnison à Syracuse en Sicile. En Septembre 1751, de Sicile, il écrit à son père Ghjacintu, qui aurait voulu le voir entrer dans les ordres, que l'état religieux, sans une vocation particulière, est trop périlleux. En Février 1754, il est nommé sous-lieutenant (subteniento vivo) au Real Farnese. En Septembre, à Portoferraio, sur l'île d'Elbe, il a une entrevue orageuse avec l'abbé Luiggi Zerbi, au cours de laquelle il s'oppose vivement au projet de rattachement de la Corse à Malte: Les Maltais sont plus misérables que nous. Au lieu d'être commandés par quarante ou cinquante familles génoises, nous serions commandés par tous les meurt-de-faim de l'Europe… En Octobre, il est déterminé à rejoindre la Corse pour se mettre au service de sa Patrie. Il écrit à son père afin de s'efforcer d'apaiser les craintes de celui-ci, et de ressusciter son ancienne fierté. Il a déjà son plan de gouvernement qu'il a communiqué à ses proches. Il lui demande de lui envoyer des livres pour se former à la science du gouvernement et pour surveiller avec compétences l'exploitation des mines (Le Parfait Ingénieur, Les Histoires, l'Esprit des Lois, Les Considérations sur les causes de la Grandeur des Romains et de leur Décadence…). En Janvier 1755, toujours au Real Farnese, il est en garnison à Porto Longone, sur l'île d'Elbe. En Avril, répondant à l'appel de son frère Clémente, avec deux amis dont Nicudemu Pasqualini, il embarque de l'île d'Elbe et fait voile sur la Corse. Il débarque à l'embouchure du Golu, entre Tanghiccia et Porraghja. Il est accueilli par une troupe nombreuse et enthousiaste qui l'escorte triomphalement jusqu'en Casinca, où il est reçu par Antoniu de Buttafuoco et Ghjuvan Quilicu de Casabianca, de là, il se rend à La Stretta di Rustinu, à Mérusaglià, où il rejoint son frère Clémente. Il assiste à la Cunsulta di Caccia, assemblée des représentants du Diquà, qui est houleuse. Il propose sa candidature à la fonction de Capu Generale, mais, malgré le soutien de Ignaziu Venturini, les dissensions avec Mariu Emmanuelle de Matra sont telles que l'élection est remise à plus tard. En Juillet, il n'assiste pas à la Cunsulta di A Casabianca, il en attend les décisions dans sa maison de A Stretta di U Rustinu. Il y est élu Capu Generale avec difficulté. Il est déclaré solennellement Capu Generale Puliticu é Ecunumicu, Generale di A Nazione, Generale di U Regnu di Corsica, chef unique, et détenteur du pouvoir exécutif. Avec son allié, Ignaziu Venturini, le président du Magistratu Supreme, il va pouvoir gouverner. Il s'installe au couvent du Rustinu, à Mérusaglià. Il annonce la nouvelle de son élection à son père Ghjacintu et envoie sa démission de l'armée napolitaine. Il accueille des délégations de A Croce et de A Porta, et parvient à mettre fin, provisoirement, aux différends de ces communautés. En Août, il dirige la Marcie, commission de justice ambulatoire ou expédition punitive armée, organisée à Corti. La Marcie se met en route. Elle parcourt le Rustinu, l'Ampugnani, la Tavagna, Verde… La justice paoline est prompte, dure. Les meurtriers sont passés par les armes, les verges sont utilisées pour les délits mineurs. A Pastureccia, il fait exécuter un de ses neveux (au troisième degré), auteur du meurtre de sa femme. A Vulpaiola, il fait passer par les armes un homme, qui a tué sa femme, et le notaire qui l'a conseillé. En Tavagna, il ordonne l'embarquement des chefs de deux factions rivales. En Casinca, il fait raser la maison d'un neveu du président Ignaziu Venturini, coupable d'homicide. Il en fait de même à A Venzulà chez le capitaine Ghjacintu Petrignani, l'un des meurtriers de Simone Fabiani. Dans l'Alisgiani, avec une roupe de 200 hommes, il tombe dans une embuscade tendue par les hommes de Mariu Emmanuelle de Matra. Il y a plusieurs morts, blessés et prisonniers de part et d'autre. Battu, il se retire dans le Campulori, puis au couvent d'Orezza. Il donne l'ordre à Ignaziu Venturini de poursuivre Mariu Emmanuelle de Matra. Il reçoit du renfort de la part de Corses de Naples et de Livourne qui lui envoient une felouque napolitaine qui aborde à l'embouchure du Golu, avec un paquet de lettres, de la poudre et 12000 lires. Ses partisans brûlent la maison de Mariu Emmanuelle de Matra et détruisent tous ses biens. En Novembre, il convoque une Cunsulta Generale (ou Dieta Generale) à Corti. Cette deuxième Assemblée Constituante se donne les institutions nécessaires à l'exercice d'un pouvoir stable et durable. La Nation corse prend forme, et un véritable pouvoir insulaire, qu'il dirige est mis en place à Corti. En Décembre, il s'installe à Muratu, décidé à reprendre San Fiurenzu à Giovanni Giacomo Grimaldi. Ce dernier lui tend une embuscade et le bat. Sa tête est mise à prix pour 1000 sequins. Il passe dans la Casinca, laissant une cinquantaine d'hommes à la garde du Nebbiu. Il envoie à Naples Ghjuvan Quilicu de Casabianca et Ghjuvanni Rocca, en quête de secours et de finances, auprès de l'ambassadeur du Roi d'Angleterre. En Janvier 1756, il convoque une Cunsulta à A Venzulà, qui doit être une assemblée d'ecclésiastiques. Les évêques refusent de s'y rendre et l'interdisent à leur clergé. L'assemblée se tient quand même et il ordonne aux évêques d' Aleria, de Mariana et du Nebbiu de quitter Bastia, où ils résident, et de réintégrer leur diocèse respectif pour y assumer leurs fonctions. Faute de quoi, chacun serait dispensé de leur rendre l'obéissance légitime. Les évêques font appel à Rome, qui leur donne raison. Il propose la création d'une Università di Scienze del Regnu. Il établit son camp dans l'Orezza, et décide de se rendre dans le Dilà, où son autorité est loin d'être reconnue par tous. L'Istria et La Rocca, pro-génoises, refusent de le recevoir. En Mars, Il crée une Régence dans le Dilà, qu'il confie à Santu Folacci, qu'il nomme commissaire général du Dilà, assisté de Petru Maria Cacciaguerra, notaire à Appietu. En Août, il manifeste son mécontentement áa la suite du Traité de Compiègne, qui (dans l'article XII), promet à la République de Gênes, aide et protection de la France. En Novembre, il préside à la Cunsulta Generale di Corti. En Janvier 1757, voulant s'assurer de la stricte neutralité des Français à son égard, il dépêche auprès du marquis de Castries, un envoyé de la Nazione, pour se faire confirmer ses intentions. Les Français lui affirment qu'ils ne s'ingéreront pas dans les affaires intérieures de la Corse. En Mars, à Aleria, ses partisans affrontent ceux de Mariu Emmanuelle de Matra, qui est rentré en Corse. Ces derniers ont le dessus. A Alandu, nouvel affrontement entre les deux camps. Il est assiégé, avec Ignaziu Venturini par Mariu Emmanuelle de Matra avec 2000 hommes, dans le couvent des Franciscains du Boziu. Clémente Paoli le rejoint pour le secourir. D'Aleria, Tomasu Cervoni, dont la famille est ennemie des Matra, et Ghjuvan Felice Valentini, avec 400 hommes, arrivent également au secours des assiégés, et le sortent de ce mauvais pas. Mariu Emmanuelle de Matra est tué dans les combats. C'est la fin de la guerre entre Matristes et Paolistes. Ne voulant pas faire couler d'autre sang, il offre une amnistie complète à tous ceux qui choisissent de se soumettre. Des otages sont donnés en garantie. Il fait enterrer dignement Mariu Emmanuelle de Matra. En Décembre, en réponse à Antoniu Colonna di Bozzi, il décide d'un nouveau voyage dans le Dilà, dans sa grande majorité pro-français. Il est accompagné de ce dernier et de Santu Folacci. La province de La Rocca, pro-génoise elle, refuse de le recevoir. Il préside les Cunsulte di Ulmetu, à laquelle la province de La Rocca refuse d'y participer, et où il installe une magistrature provinciale dont il fait donner la présidence à Antoniu Colonna di Bozzi, di Mezzana et di l'Istria. Il fonde le chantier naval de Centuri. En Avril 1758 à Curbara, il est reçu par le podestat major de la piève d' Aregnuet il rencontre les Nobili d'Algaiola, Bagnara, Castagnoli, Giulianiet Padroni, (dits I Quattru di Algaiola) afin qu'ils lui cèdent le port d' Algaiola. Craignant les représailles génoises, ces derniers refusent. En Mai, à la Cunsulta d'Istria, à Bicchisgià, les partisans génois de La Rocca, du Talavu et de l'Istria s'unissent pour se déclarer contre lui, se réclamant ouvertement pour Gênes. Ils lui interdisent l'accès de leur région. En Août, à la Cunsulta di Mezzana, ses partisans élisent Antoniu Colonna di Bozzi commandant du Dilà, ce qui entraîne ses principaux opposants du Dilà à se rallier à lui. En 1758 (ou 1761), Il fonde L'Isulà (appelée Paolina, et plus tard Vaux) en tant que port, pour faire concurrence aux ports génois Algaiola et Calvi. En Mai 1759, voulant soustraire les religieux à l'emprise génoise, il essaie de faire remplacer leurs Supérieurs d'origine ligure par des Corses. Ainsi, il fait élire comme Provincial des Franciscains le Père Serapione, de Tralonca. En Juin, à Lucciana, à la suite d'un Supreme Cunsigliu, il participe à un congrès des représentants du Clergé de Corse, au cours duquel les chanoines Ignaziu Felce et Orsatoni, sont chargés de se rendre auprès du nouveau pape Clément XIII pour lui exposer les graves désordres que traverse l'église corse, (en autre la nomination du vicaire général du diocèse d' Aleria), de faire valider l'élection du Provincial des Franciscains, et lui demander la venue sur l'Ile du vicaire apostolique désigné par la congrégation générale des cardinaux à Rome, Cesaro Crescenzio de Angelis. En Août, à la Cunsulta di Corti, les représentants du Dilà réclament sa présence dans leurs provinces pour y établir la même forme de gouvernement que celle qui régit les provinces du Diquà. Ne pouvant se déplacer, il envoie trois émissaires, ayant pour mission de créer quatre juridictions dans le Dilà, avec à la tête de chacune, un Magistratu. Il s'installe au Palazzu Naziunale, à Corti, où il dispose d'un appartement et d'un valet de chambre, un déserteur Français nommé Joseph Dupuy. En Septembre, il est dans le Nebbiu, où il prépare l'attaque de San Fiurenzu. Un complot est déjoué contre lui. Les instigateurs en sont le commissaire général génois Gian Battista de Sopranis et le piuvanu de Patrimoniu, l'abbé Saliceti, avec la complicité du serviteur de celui-ci et d'un marchand génois d'Oletta. Ces deux derniers sont condamnés à la potence, et le piuvanu, en fuite, à l'exil perpétuel. En Avril 1760, il fait remettre au Visiteur Apostolique Cesaro Crescienzio de Angelis le fond des revenus ecclésiastiques de Corse. En Juin, il fait exécuter le drapeau national corse avec Sainte Dévote au revers et la Tête de Maure à l'avers. Il écrit à Ghjuvan Quilicu de Casabianca que pour rendre le commerce plus avantageux, il faudrait que quelques-uns des plus riches propriétaires de la Nazione s'unissent en société pour acheter des bâtiments à cet effet, à l'exemple des compagnies de Hollande et d'Angleterre. Il faudrait faire comprendre à ces riches fainéants, qui sont en même temps avides, que seul le commerce maritime peut faire sortir de la misère aussi bien l'Etat que les particuliers. Témoins, la Hollande et l'Angleterre qui sont devenues la terreur des mers. Toutes les grandes choses ont de petits débuts… En Août, il est indisposé par une fièvre intermittente, probablement d'origine paludéenne. L'abbé Carlu Rostini lui offre ses services, il les accepte. En 1761, il est en Casinca, à Penta. Il veut s'emparer de la tour de San Pellegrinu. En Mai, il est à Corti. Avec les chefs de régions, il entreprend une tournée dans le Diquà. Puis, escorté de 300 hommes, il va au secours de Furiani, que les Génois ont de nouveau attaqué. En Août, il est dans le Capicorsu, où les Génois tiennent encore Ruglianu et Macinaghju. Il cherche à s'en emparer, et chasser ainsi les Génois de la région. Avec 2000 hommes, il attaque Ruglianu. La tour, défendue par un sergent et huit hommes, capitule, mais le village résiste. Il assiège alors Macinaghju. Mais la position, tenue par 200 soldats, est bien défendue, et les Naziunali échouent dans leur tentative. Il a pour L'Isulà de vastes projets: joindre par une chaussée la terre à l'îlot, construire un môle, des magasins et y installer la résidence du Conseil Provincial de Balagna. En 1762, il poursuit ses efforts: Libération totale du territoire, organisation politico-militaire, économique, sociale et culturelle, reconnaissance de la Corse comme état libre et indépendant par le plus grand nombre de puissances étrangères possible. Il crée une armée nationale, une université, fait battre monnaie aux armes du royaume (coniati, ventenne, soldi et denari) et fait armer quelques navires battant pour la première fois pavillon corse. En Janvier, il décide la création d'une Ghjunta Militare, composée de six membres. En Février, il écrit à l'abbé Gregoriu Salvini que le Gouvernement n'a pas la liberté de choisir ses meilleurs serviteurs; il doit s'accommoder des notables en place, avec leurs qualités et leurs défauts… En Mars, il fait construire la tour de I Fornali, en face de San Fiurenzu. En Mai, il reprend le siège de Macinaghju, qu'il confie au soin de Ghjuseppu Barbaggi et de Ghjuvan Carlu Saliceti. Il s'installe à Ruglianu pour activer les opérations, mais, alerté par les rapides progrès des Matristi, il quitte le Capicorsu pour le Rustinu, puis Altiani. Il est maître des trois points forts qui dominent Pedicorti, à savoir Lunellu, le fortin de Santa Maria et le couvent. Il attaque alors les Matristi à Pedicorti. Ces derniers sont battus, et se retirent à Aleria. Cette action fait couler beaucoup de sang corse, de part et d'autre. A la Cunsulta Generale di Corti, il devient le président d'une nouvelle Ghjunta di Guerra, composée cette fois de dix à douze membres. En Juin, il écrit au comte Antoniu Rivarola, lui disant qu'il songe à faire figurer sur les armoiries de la Corse l'image de Santa Divota, patronne de la Corse. En Juillet, il écrit à l'abbé Gregoriu Salvini, au sujet de l'abbé Carlu Rostini : il faut toujours le contraindre à être modéré, il n'a pas toujours les manières qu'il faut, mais c'est lui qui veille le mieux aux intérêts de l'Etat dans les affaires maritimes, il rapporte au Trésor vingt mille lires par an, ce qui n'était jamais arrivé jusqu'ici. En Septembre, il chasse Aleriu Francescu de Matra de la Tavagna. En Octobre, il est en Casinca et apprend que Antonucciu de Matra, parti de Bastia, se dirige vers le poste de La Coscia que son commandant Saveriu Saliceti a promis de lui livrer. Il expédie en hâte sur place Ghjuvan Carlu Saliceti par la voie de Ferringule, et se rend, avec Petru Boccheciampe, à Nonza, pour arriver avant Antonucciu de Matra. En Novembre, à la Cunsulta di Luri, le Capicorsu, de plus en plus coupé de Bastia, se rallie à lui. En Décembre, il écrit au comte Antoniu Rivarola, qui est alors général des milices britanniques, pour lui demander son soutien. Dans le Rustinu, il tient un conseil de guerre, au cours duquel il nomme les colonels des deux régiments de Naziunali nouvellement créés. En Avril 1763, il envoie le colonel Ghjuvan Battista Buttafuoco et ses Naziunali dans la plaine d'Aleria afin de couper toute communication entre le fort d' Aleria et Aleriu Francescu de Matra. En Mai, il écrit à l'abbé Gregoriu Salvini, lui rappelant la constante attention qu'il apporte à la façon dont les Ghjunte remplissent leur mission. En Juin, Les Génois bombardent le fort de Furiani. Parti de Corti, il arrive avec des renforts. Il installe des pièces d'artillerie à l'emplacement de l'ancienne église de Sant'Erasmu. Puis, il part à Biguglia et dans le Nebbiu chercher du renfort. De retour, il fait renforcer le poste de Sant'Erasmu, installe d'autres petites redoutes en amont de la place, et attend l'attaque des Génois. En Août, il est dans le Nebbiu, puis en Balagna où il visite L'Isulà. En Septembre, il écrit à Francescu Matteu Limperani, le Presidente de la juridiction de Bastia, pour l'inviter à venir avec lui en tournée dans le Dilà. Il part pour le Dilà, avec 200 hommes de troupe, et une cinquantaine de jeunes de la région. Il passe à Vicu. En Octobre, pour régler le conflit qui oppose Ghjuvan Battista d'Ornano, dit Bachjolu, chef du Dilà, conseiller d'état, à Ghjacumu Petru Abbatucci, lieutenant général des quatre pièves du sud, et soupçonné de relations avec Filippu Maria Costa, qui se disputent la suprématie du Dilà, il les fait arrêter tous les deux, et les fait enfermer dans le Palazzu de Corti. En Novembre, il est à Fuzzà, où il parraine la fille de Petru Paulu Paoli. Il préside la Cunsulta Generale di Sarté, qui réunit plus de 220 responsables du Dilà. Il s'agit de mettre au point toute l'organisation politico-militaire de la région. En Décembre, il est de retour à Corti. Son voyage dans le Dilà a connu un très vif succès. Il rencontre le lieutenant-colonel de dragons, Monsieur de Valcroissant, envoyé du duc de Choiseul, le Ministre de la Guerre du Roi de France. Ils signent ensemble un projet de traité en 11 articles, dans lequel le Roi de France promet son aide aux Corses pour chasser les Génois des présides, en échange de la cession d'une place, et d'une alliance offensive et défensive entre les deux nations. Ce projet n'ira pas plus loin. Il accepte les services d'un certain Baron de Kleist qui s'offre à lever une compagnie de 100 hommes et à les discipliner à la prussienne. Il espère que cette compagnie servira de modèles aux deux régiments corses nouvellement créés. Il achète à Livourne huit canons de seize, avec les munitions. En Janvier 1764, il visite les installations de L'Isulà. Il insiste pour que les négociants étrangers soient protégés de toutes vexations. La disette sévit en Corse. Il ne laisse sortir le blé des magasins de L'Isulà qu'à destination du Capicorsu. En Mars, à U Viscuvatu, il rencontre à nouveau Monsieur de Valcroissant, l'envoyé de la Cour de France. Celui-ci lui propose le grade de lieutenant colonel, avec le commandement d'une province française, s'il abandonnait la Corse. Il refuse, mais propose au Français un plan dans lequel la Corse, sous la protection de la France, verrait sa liberté garantie en contrepartie d'avantages majeurs accordés de tout temps. En Mai, il fait libérer les habitants de Brandu et d' Erbalunga, capturés par les Naziunali. Il est favorable à un projet de Gênes pour conclure un traité d'accommodement avec la Corse, à condition que la souveraineté génoise soit de pure forme et la soumission de la Corse, symbolique. La France est farouchement opposée à ce projet. En Juin, il renforce le blocus de San Fiurenzu. Pour cela, il en confie le siège à Ghjuseppu Barbaggi. En Juillet, arrivée en Corse d'officiers français qui sont reçus par le Consul de France à Aiacciu, et prétendent qu'il les a lui-même envoyés. Leur mission est, semble-t-il, de préparer l'arrivée des Français et de disposer les habitants de l'Ile en leur faveur. Informé, il dément et affirme qu'il s'agit de propagandistes. A A Casabianca, il écrit: La Liberté et l'Egalité civiles, une certaine égalité aussi entre les fortunes, voilà ce qui, à l'exemple des Hollandais et des Suisses, peut rendre les Corses heureux. Mais la République démocratique suppose des citoyens conscients de leurs devoirs, et malheureusement le progrès des lumières n'a point encore éclairé le peuple corse, qui reste en grande partie une populace. En Août, sur les 24 hommes qui composent sa garde personnelle, 14 sont des étrangers (non Corses), la plupart mercenaires prussiens. Il écrit au comte Antoniu Rivarola que nous ne pouvons pas prendre San Fiurenzu parce que la place peut être secourue de nuit. En Novembre, il prononce l'éloge funèbre de Ignaziu Dumenicu Baldassari. Il annonce lui-même (Ragguagli dell'Isola di Corsica n°XI) la nomination des professeurs choisis pour enseigner a l' Università di Corti. En Décembre, après le débarquement des troupes françaises, afin de le calmer, le duc de Choiseul lui dépêche Cesare Matteu de Petriconi, porteur de bonnes paroles. Il reçoit ce dernier froidement. Officiellement, il fera bon visage au comte de Marbeuf et à ses officiers, à condition que ceux-ci ne se mêlent pas des affaires de la Nazione. En Janvier 1765, de Corti, il adresse un Manifeste au duc de Choiseul (Memoria presentata dal Generale Paoli al Ministero di Francia) dans lequel, entre autre, il fait part de sa surprise de devoir lever le siège de San Fiurenzu. Mais, eu égard au respect qu'il a pour le Roi de France, il abandonne le siège et laisse la place aux Français. Il part dans l'Ornanu. L'hostilité manifestée par Ghjacumu Petru Abbatucci le décide à envoyer sur Zicavu un important détachement de troupes. En Février, il écrit à nouveau au duc de Choiseul pour lui rappeler le traité signé avec Monsieur de Valcroissant en 1763. Le duc de Choiseul lui répond que l'on a lieu de croire que le sieur de Valcroissant ne s'est pas acquitté exactement de sa mission. Début d'un échange assidu de lettres avec le duc de Choiseul, celui-ci l'informant qu'à l'occasion d'incidents entre Corses et Français, ces derniers feront respecter, au besoin par la force, les armes du Roi. En Mars, il rencontre le comte de Marbeuf. Il répond au duc de Choiseul: Aucune négociation ne saurait être possible avec Gênes sans la reconnaissance de la part de cette dernière de la liberté et de l'indépendance de la Corse. Plaise au Roi de faire accepter cette condition aux Génois. Il propose au Roi de France de nommer Matteu de Buttafuoco colonel du régiment français, le Régiment Royal Corse, qui va être remis sur pied. Il accepte que les troupes françaises s'approvisionnent en vivres frais sur les marchés corses. En Avril, il se rend à Furiani, et en cours de route il rencontre le comte de Marbeuf qui, lui, se rend à San Fiurenzu. En Mai, de Patrimoniu, il écrit au comte Antoniu Rivarola, concernant son état de santé. Puis il préside la Cunsulta Generale di Corti, où il fait part de son attitude envers les troupes françaises. Le duc de Choiseul lui écrit pour le rassurer sur les intentions françaises. Il lui propose également d'entrer au service du Roi de France, lui offrant même le grade de colonel du Régiment Royal Corse. En Juin, il répond au duc de Choiseul en refusant les propositions de ce dernier concernant le Régiment Royal Corse, pour lequel il propose Matteu de Buttafuoco. Il rend compte de la Cunsulta Generale di Corti et rappelle les volontés des Corses, à savoir l'élimination des Génois de l'Ile et leur indemnisation. En Septembre, il est dans le Dilà en tournée d'inspection, il s'attarde notamment à Vicu. En Octobre, en se rendant à Cavru, il reçoit un accueil triomphal en traversant Aiacciu. A Suddacaru, il reçoit le voyageur écossais James Boswels. En Novembre, il quitte Suddacaro, où il a mis sur pied une Ghjunta di Esecuzione, juridiction chargée, entre autre, de l'application des sentences et du recouvrement des impôts. En Décembre, à Aiacciu, il est le parrain de Ghjacumu Petru Carlu Pasquale Abbatucci. A Bucugnà, il apprend qu'un capitaine réformé génois a tenté de l'assassiner. Ce dernier est découvert, et prend le maquis, où il est tué. Il passe dans le Nebbiu où il tient une Cour Syndicale. En Janvier 1766, les habitants de Bastia lui témoignent leur fidélité. Il tient une nouvelle Cour Syndicale dans le Capicorsu. En Mars, les communautés du Capicorsu lui font part de leurs doléances au sujet des impôts nouveaux qui, au mépris de leurs anciens privilèges, les accablent. Il leur répond qu'il les comprend, mais qu'il ne peut faire autrement, vu le peu de ressources de la Nazione. En Avril, le duc de Choiseul demande au comte de Marbeuf de lui proposer d'étudier un plan de paix avec la République de Gênes. Il lui propose la royauté de la Corse, sous la suzeraineté de Gênes et la garantie de la France, moyennant l'abandon de quelques places. Il lui répond qu'il accepte, mais il y met une condition: Gênes refusera à tout droit sur la Corse, qui doit être considérée comme un état absolu et indépendant. Et il lui adresse un Projet des Corses pour un accommodement avec les Génois, auquel il joint un mémoire. En Mai, à la Cunsulta Generale di Corti, il fait part du désir des habitants des villes remises aux Français par les Génois (les Présides), d'être considérés comme appartenant à la Nazione. On apporte de nouvelles modifications au mode électoral des Prucuratori: c'est désormais le Pudestà Maggiore, qui avec les Padri di U Cumunu, doit proposer aux voix des électeurs, réduits aux Capi di Famiglia, trois candidats. Plus de suffrage universel, donc. Il y aura ainsi un seul représentant par piève, élu à la majorité des deux tiers. Il présente cette décision comme un obstacle contre les ambitions des Capipopuli, notables, chefs de clan ou nobles, susceptibles de gêner son action. Il est question, également, de mettre sur pied une armée nationale, où chaque citoyen deviendrait soldat quand il s'agirait de défendre la Patria. On apporte des éclaircissements sur les lois criminelles en créant un véritable code pénal. En Juin, sur les instances du duc de Choiseul, il accepte que chaque Général des Corses, après son élection, rende hommage au Sénat de Gênes, qui garderait le titre de Roi de Corse. En contrepartie, toutes les places maritimes doivent revenir à la Nazione. Désormais le contact entre lui et le duc de Choiseul se fera par l'intermédiaire de Matteu de Buttafuoco. En Juillet, il est à Orezza, où il subit, durant l'été, un traitement aux eaux ferrugineuses de la station thermale. En Septembre, les Génois ne possáedent plus, effectivement, que Bunifaziu, il estime qu'il est temps d'en pousser les habitants à se soumettre aux Lois de la Nazione. Il poursuit le développement de L'Isulà. En Décembre, il écrit au comte Antoniu Rivarola pour l'informer de l'imminence d'une guerre contre les Français. Il met au point un règlement avec l'Eglise corse. Le célèbre médecin suisse André Simon Tissot le place dans la Galerie des Grands Hommes à côté de Jules César, Mahomet et Cromwell. En Janvier 1767, un différent l'oppose au Visiteur apostolique Tomaso Struzzieri, à la suite d'une circulaire qui détruit les immunités et les libertés ecclésiastiques. L'évêque demande l'intervention du pape Clément XIII, lequel l'autorise à décider de l'excommunication des neuf Magistrati di i Provincie. Au nom du Supreme Cunsigliu di U Statu, et avec le Gran'Cancillieru Ghjuseppu Maria Massesi, il édite un Manifeste sur la légitimité de la guerre contre les Génois, qui est un appel au peuple corse pour soutenir l'effort de guerre et renforcer l'union et la concorde. Il concède aux Juifs de Livourne le droit de pêche au corail sur les côtes de Corse. Il compte sur eux et sur l'appui de l'Angleterre pour développer l'économie portuaire et commerciale de Livourne. En Mai, il préside la Cunsulta Generale di Corti. En Juin, avec le Supreme Cunsigliu, il décide d'une journée de manifestation dans chaque piève pour fêter la capitulation de Capraia. En Juillet, il propose au duc de Choiseul de céder à la France la place de Bunifaziu, pour deux ou trois ans. Ce dernier lui fait répondre que Sa Majesté choisira elle-même les places qui lui conviennent. Le duc de Choiseul lui écrit pour lui rappeler que Gênes autorise les Jésuites à débarquer dans les places de Corse, et que la France, en retirant ses troupes, favorisera leur installation à Calvi, Aiacciu et Algaiola. En Août, il reçoit John Symonds à Corti. Il répond au duc de Choiseul que si les Français veulent réoccuper Calvi, Aiacciu et Algaiola, les Corses libéreront les places, sinon, il est hors de question que les Génois en prennent possession. Il reçoit la visite du Florentin Raimondo Cocchi. Il deviendra le parrain de sa fille. En Septembre, le duc de Choiseul lui écrit pour l'informer que les Français ont décidé de garder en Corse deux places, Calvi et Aiacciu, et que les Corses devraient rendre Capraia aux Génois, pour obtenir leur consentement aux arrangements qui assureront la liberté à la Nation Corse. Il ajoute: il n'est pas naturel que vous pensiez que Sa Majesté se mêlera des affaires de Corse sans en tirer un avantage. Il râepond en remerciant le Roi de France de sa générosité. En Octobre, le duc de Choiseul lui écrit, lui proposant d'arrêter un plan entre Gênes et la Corse. Il lui demande d'envoyer à Paris Matteu de Buttafuoco, avec des instructions, afin de former ensemble un projet raisonnable. Il lui répond en lui annonçant le départ pour Paris de Matteu de Buttafuoco, avec des instructions très précises, restant dans le cadre des décisions prises par la Cunsulta Generale du 28 Mai. Une felouque tunisienne s'étant échouée sur le rivage corse, il donne l'ordre de respecter l'équipage et la cargaison et fait réparer aux frais de l'état le navire qui peut reprendre la mer. Touché du procédé, le Bey de Tunis lui enverra un cheval barbaresque, baptisé Turco, tout harnaché avec une selle enrichie d'or et des éperons d'argent, et des cadeaux exotiques, y compris un tigre et une autruche. En Janvier 1768, à Paris, lors de sa première entrevue avec le duc de Choiseul, Matteu de Buttafuoco est informé que Gênes a offert au Roi de France de lui céder ses droits sur la Corse. De plus, le Roi veut avoir, en toute priorité, Bastia, San Fiurenzu et le Capicorsu. Le Corse affirme son désaccord profond sur une telle proposition. Lors d'une deuxième rencontre, le duc de Choiseul informe Matteu de Buttafuoco que le Roi persiste dans sa demande. Matteu de Buttafuoco propose alors que le Roi de France se fasse céder par Gênes la souveraineté de la Corse et de faire don à celle-ci de son indépendance en se déclarant son protecteur. En échange, la Corse accorderait à la France la garde militaire de Bastia et de San Fiurenzu. Le duc de Choiseul ayant fait savoir, par écrit, le refus du Roi de France à ces propositions, de Versailles, dans un volumineux dossier, Matteu de Buttafuoco lui écrit pour l'informer de l'état de ses discussions avec le duc de Choiseul, et de l'intransigeance de ce dernier. Sa réponse est claire: La Corse ne peut appartenir à la France. En Février, devant l'intransigeance du Roi de France, il met fin à la mission de Matteu de Buttafuoco. Il lui demande, avant son départ, de transmettre trois observations au Roi: La Nation Corse demande au Roi de France de comprendre son refus à perdre, un tant soit peu, sa liberté; la présence d'un corps de troupes étrangères sur l'Ile ne servirait qu'à perpétuer la guerre; et enfin, la Nation Corse demande au Roi de France de lui remettre, en retirant ses troupes de Corse, la ville de San Fiurenzu. En Avril, il écrit à Raimondo Cocchi pour lui affirmer sa volonté d'introduire en Corse la culture de la pomme de terre, ce qui lui vaudra le surnom de Generale delle patate. Les négociations menées à Versailles pour son compte sont définitivement rompues. De U Viscuvatu, Matteu de Buttafuoco lui signale un nouvel envoi de troupes françaises en Corse. En Mai, il écrit au duc de Choiseul son regret de voir les négociations interrompues et en rejette la responsabilité sur les Français. Il est à Olmeta quand il apprend, par une lettre de Matteu de Buttafuoco, la signature du Traité de Versailles. Très irrité, (nous sommes vendus comme un troupeau de moutons), il qualifie ce dernier de traître, l'accusant d'avoir gagné les faveurs du duc de Choiseul. Il se réconcilie officiellement avec Ghjacumu Petru Abbatucci. A la Cunsulta Naziunale di Corti, il donne le résultat et l'échec des négociations menées avec le duc de Choiseul, et propose à l'Assemblée la conduite à tenir devant l'arrivée massive des troupes françaises; il crée une Ghjunte di Osservazione, et proclame une levée en masse des hommes de 16 à 60 ans; il décide enfin que l'impôt de 2 pour 1000 sur les biens mobiliers et immobiliers productifs seraporté à 4 pour 1000, et que les biens de l'église seront imposés à 10 pour 1000. Le duc de Choiseul lui écrit, par l'intermédiaire de Matteu de Buttafuoco: Je vous envoie, Monsieur, ma réponse pour le général Paoli. Sa lettre ne signifiait autre chose que m'engager, par des réponses de ma part, dans un piège. Il est bien fin; cependant il faut qu'il acquière quelque finesse pour que nous tombions aussi grossièrement dans les panneaux. Au reste, dans les circonstances présentes, je crois que le meilleur parti à prendre, est de se tenir tranquille et de ne suivre en tout et pour tout, que les impulsions de la France. Je doute qu'il prenne ce parti; et dans ce cas je le plains. Ce qu'il y a de sûr, c'est qu'il a manqué le moment que je lui ai tant de fois présenté. En Juin, il est à Corti, et le comte de Marbeuf lui écrit afin qu'il libère les routes entre Bastia et San Fiurenzu. Il lui demande en outre de laisser libres les places de Fornali, L'Isulà, Algaiola, Barbaghju et Patrimoniu. Sans attendre sa réponse, le Françaisdéclenche les hostilités. En Août, il écrit au comte Antoniu Rivarola pour l'informer de la gravité de la situation sur l'Ile, et que si les Naziunali ne sont pas secourus, ils sont perdus. Il écrit un Manifeste, dans lequel il affirme le Droit des Peuples à disposer d'eux-mêmes. De Corti, avec le Supreme Cunsigliu, il lance un appel à la Nazione: U Generale, e Supremu Cunsigliu di U Statu di U Regnu di Corsica a u nostru Dilettu Populu. En Septembre, devant l'offensive générale des Français, il abandonne le Nebbiu. Il laisse des Naziunali à Lentu, pour garder le passage de Tenda. Il demande une trêve de six jours au marquis de Chauvelin, afin de tenir une Cunsulta. Cette trêve est refusée. Il fait attaquer Viscuvatu et Vignale, sans succès, puis Penta di Casinca, où les Naziunali font 75 prisonniers, dont un capitaine de compagnie du Régiment du Rouergue. A la Cunsulta Naziunale di Oletta, il est nommé général en chef. En Octobre, il écrit à Ghjuvan Battista Ristori della Riventosa, qui est prisonnier des Français à Bastia, et médiateur entre lui et le comte de Marbeuf. Il lui confirme sa volonté de se battre jusqu'au bout: Sa Majesté très chrétienne nous intime de nous soumettre en vertu d'un traité conclu entre Elle et la Sérénissime. Je demande qu'on me montre ce traité, on refuse de me répondre. A Lucciana, il tient un conseil de guerre pour attaquer Borgu. Il reprend le village, mais, après la bataille, les Naziunali, selon l'usage qui est aussi une nécessité, rentrent chez eux. A Lucciana, où il s'est installé, il n'a plus que 160 hommes avec lui. Alors qu'il dort à Lucciana, il est averti par le chevalier colonel de Ludre, d'un complot ourdi contre lui par un de ses proches. Le coupable (Matteu Massesi, membre de sa garde et de son secrétariat) est démasqué. Le comploteur, espion des Français pour le compte du chevalier de Lencheres, est condamné à mort. En Novembre, le marquis de Chauvelin lui envoie deux religieux Servites pour négocier l'installation de ses quartiers d'hiver en Casinca. Il refuse un accord. Il est ensuite en Balagna, où ses adversaires (dont des anciens Naziunali) s'activent à former un Parti Français. Il rédige un Manifeste à Santa Riparata di Balagna. En Décembre, il est dans le Nebbiu, où vient d'être découvert un complot contre la vie de son frère Clémente. Il écrit au comte Antoniu Rivarola pour lui demander de venir en Corse, où il se sent de plus en plus isolé. En Janvier 1769, il écrit lui-même, avec l'abbé Carlu Rostini, un Gazzettino di Corsica destiné aux Corses de l'extérieur. Il en envoie un exemplaire au comte Antoniu Rivarola. En Mars, il tient la Cunsulta (Particulare) di Aleria. C'est la dernière Cunsulta tenue sous son gouvernement. Il écrit au comte Antoniu Rivarola, se plaignant de son état de santé. En Avril, en Casinca, il inspecte son armée, en compagnie de Lord Pembroke, colonel du 1erRoyal Dragon, et Premier Lord de la Chambre, de l'amiral anglais Smittory, du marquis milanais Fagnani, du chevalier Tancredo et du peintre romain Vincenzo Rotigliardi. Les cinq hommes sont arrivés par L'Isulà, et il les reçoit à Muratu. Le peintre fait son portrait. En Mai, il est dans le Nebbiu, à Muratu, avec 1200 à 1500 hommes. Les troupes corses sont décimées lors de la bataille de Ponte Novu. Après la défaite, il se réfugie à Mérusaglià. Il propose un cessez-le-feu au comte de Vaux. Celui-ci lui répond qu'il se prépare à lui en dicter les conditions. Il fait libérer les prisonniers français de sa campagne précédente, dont il se trouve plutãot embarrassé. Il rejoint son frère Clémente, Francescu de Gaffori et Ghjuvanni Lurenzu de Petriconi à Corti. N'ayant pu convaincre les habitants de Corti de défendre la ville, il laisse celle-ci à la garde de Francescu de Gaffori, et se replie sur Vivariu. Il y attend Ghjacumu Petru Abbatucci. En Juin, il quitte Vivariu dans l'intention de se rendre à Porti Vechju. Une colonne française, 14 compagnies, part de Corti vers Vivariu, pour l'en chasser. Il devient fugitif, jusqu'à Porti Vechju, où l'attendent déjà deux vaisseaux anglais, Le Vermouth et Le Rachel. Il passe par Bucugnà, puis Bastergà, où la population lui est acquise. Les Capipopuli lui conseillent de quitter l'Ile, la plupart des Corsesayant fait leur soumission aux Français. Il décide d'abandonner la Corse, avec l'espoir d'y revenir un jour. Il poursuit sa fuite par Zicavu. Il arrive à Quenza, où il est accueilli par le capitaine Oraziu di Quenza, un de ses fidèles. Ce dernier décide de l'accompagner jusqu'à Porti Vechju. Il passe par Zonza, et arrive à Porti Vechju, dans la maison de Roccu Francescu Colonna de Cesari Rocca, où il loge. De là, il s'embarque sur Le Vermouth, son frère Clémente et 340 Naziunali, sur Le Rachel. Les Français, à bord de deux chebecs ancrés à quelques encablures, ne s'opposent pas à leur départ. Il débarque à Livourne, où il loge dans la demeure du consul anglais Sir John Dick, et où de nombreuses personnalités, dont Lord Pembroke et le comte Antoniu Rivarola viennent lui rendre visite. Puis il quitte Livourne pour Florence. Là, il obtient du Grand Duc de Toscane, l'hospitalité pour lui et ses compagnons. En Juillet, avec le père Bonfigliu Guelfucci, il décide de prendre le chemin de l'Angleterre, où il est l'invité du Roi Georges III. Par Bologne, il rejoint Mantoue où il est reçu par l'empereur Joseph II d'Autriche. Il quitte Mantoue pour Vérone. En Août, après ãetre passé par Vienne, il arrive à Munich. Il est à Francfort, où il rend visite à Johann Wolfgang Goethe. En Septembre, il arrive à La Haye, où le peintre français Sophie Caron peint son portrait. Il quitte la Hollande pour l'Angleterre. Il y débarque à Harwich. Puis, il part pour Londres. Avec lui toujours, le père Bonfigliu Guelfucci et Antoniu Gentili. Dés son arrivée dans la capitale anglaise, il reçoit la visite de James Boswell. En Septembre, ce dernier le présente à l'écrivain Samuel Johnson. Le Duc de Grafton, premier ministre, lui obtient une pension de 1200 livres par an. En Avril 1770, l'impératrice Catherine de Russie lui écrit une lettre lui témoignant de son amitié. En 1773, il rencontre l'écrivain anglais James Beattie. En Octobre 1776, il reçoit, le député Bonaventura Benedetti qui vient lui plaider (en vain) le rapprochement de la Corse et de la France. En Juin 1778, il adhère à la Thatched House Tavern (ou la Loge des Sept Muses) une loge maçonnique anglaise qui réunit les artistes et les membres de la noblesse. En Février 1779, il est élu membre du Grand Chapitre de l'Arche Royale, dans la Franc-Maçonnerie. En 1781, la France, étant en guerre contre les Anglais en Amérique, manque d'argent. Il écrit à son cousin Ghjuseppu Ottavianu Nobili Savelli, réfugié en Toscane depuis Ponte Novu: Le bruit court que la France demande de l'argent à la République de Gênes et lui propose de reprendre la Corse. En 1788, à Turin, l'auteur italien Vittorio Alfieri lui dédie sa tragédie Timoleone. En Octobre 1789, il écrit à l'abbé Palmieri. En Novembre, il écrit à l'abbé Antoniu Andrei pour l'informer de son éventuel retour en Corse: La liberté de la Patrie est mon unique but; et je ne souhaiterais rien de plus que de l'assurer sous la protection d'une aussi grande Nation. Apprenant le vote de l'Assemblée Nationale Constituante Française concernant l'intégration de la Corse à la France, il écrit à Antoniu Gentili pour lui demander de remercier tous ceux qui ont été à l'origine de cette résolution. En Décembre, il écrit aux deux députés de la Corse à l'Assemblée Nationale Constituante: C'est avec un transport de joie bien vive que j'ai appris ce que l'Assemblée nationale Constituante a fait pour ma Patrie. En admettant la Corse parmi les provinces de France, elle a trouvé le moyen infaillible d'attacher les habitants de cette île au gouvernement français; en faisant rentrer dans cette île mes compatriotes expatriés, elle a attaché à la Constitution un nombre considérable d'individus qui la défendront jusqu'à la dernière goutte de leur sang. Les décrets que l'Assemblée Nationale Constituante vient de passer nous rendent enfin la justice qui nous était due, et en effaçant les torts que nous avions reçus par suite d'une aveugle politique ministérielle, font l'éloge le plus beau de l'équité et de la sagesse du corps auguste qui les a dictés… A Antoniu Gentili (qui est à Paris, sur le point de regagner la Corse): Quelle que soit la main qui donne la liberté à notre Patrie, je la baise avec toute sincérité de zèle et d'empressement. Nous n'avons eu que trop de guerres et de désastres, et il semble que l'effusion de sang sera dédommagée par la paix et la liberté. Nous ne pouvons rien désirer de plus. Et encore: La constitution anglaise, si elle a quelque défaut, on peut facilement y remédier au jour le jour; les Français voudraient tout faire en une seule fois, et ils n'ont rien fait jusqu'ici qui ne puisse aussitôt se défaire. En Janvier 1790, il écrit à l'abbé Antoniu Andrei pour lui confirmer son intention de revenir en Corse, quand son gouvernement sera parfaitement stable, pour y vivre d'une manière retirée, avec les petits moyens financiers dont il disposera. En Février, les délégués des six juridictions du Diquà, réunis à Bastia, dans l'église de La Cuncezzione, lui écrivent une lettre pour lui demander son retour. Quatre députés sont élus pour se porter à Londres chez lui. En Mars 1790, à Londres, James Boswell organise un banquet d'adieu en son honneur avant son départ pour la France. Il quitte Londrespour Paris. Dans une lettre, il remercie le Roi d'Angleterre Georges III pour son accueil pendant ces années d'exil. En Avril, il est reçu triomphalement à Paris par le marquisde La Fayette et Maximilien de Robespierre. Ses paroles sont: j'ai laissé ma Patrie réduite à l'esclavage, je la retrouve libre. Que pourrais-je désirer d'autre ? Il écrit àJames Boswell: les Français méritent d'être libres et, pour certains d'entre eux d'avoir leur nom dans les Vies, de Plutarque. Il est présenté auRoi de France Louis XVI par Antoniu Cristufaru Saliceti. Il écrit à Tomassu Arrighi, colonel de la Garde Nationale à Corti, et lui fait le compte rendu de la réception du Roi de France: J'ai lieu d'être content des Français comme je le fus des Anglais. Il écrit au père Leonardu Grimaldi: Nous serons libres et heureux si nous le désirons; il faut abandonner l'esprit partisan et intéressé. Puis il est reçu à l'Assemblée Nationale Constituante. Là, il jure obéissance et fidélité au peuple français, au Roi de France et aux décrets de l'Assemblée Nationale Constituante: Messieurs, ce jour est le plus heureux et le plus beau de ma vie. Je l'ai passée à rechercher la liberté, et j'en vois ici le plus noble spectacle. J'ai quitté ma patrie asservie, je la retrouve libre : je n'ai plus rien à désirer… En retournant dans ma patrie, mes sentiments ne peuvent pas vous être douteux. Vous avez été généreux pour moi, et jamais je n'ai été esclave. Ma conduite passée, que vous avez honorée de vos suffrages, vous répond de ma conduite future. J'ose dire que ma vie entière a été un serment à la liberté, c'est déjà l'avoir fait à la constitution que vous établissez. Mais il me reste à le faire à la nation qui m'adopte, et au souverain que je reconnais, c'est la faveur que je demande à l'Auguste Assemblée. Il est reçu par Maximilien de Robespierre à la Société des Amis de la Constitution. Celui-ci lui s'adresse à lui en ses termes: Vous avez défendu la Liberté dans un temps où nous n'osions l'espérer, vous avez souffert pour elle, vous triomphez avec elle et votre triomphe est le notre. Unissons-nous pour la conserver toujours. Il écrit à James Boswell et lui confirme qu'il est reçu en France d'une manière aussi généreuse que celle dont il avait bénéficié en Angleterre. En Juin, il quitte Paris pour la Corse, via Lyon, Tournon, Valence, Aix, Marseille et Toulon. Partout, les populations applaudissent celui que les gazettes appellent le Washington Corse. Il séjourne à Lyon. A Aix en Provence, il est rejoint par Ghjuseppu Buonaparte et Carlu Andria Pozzo di Borgu. En Juillet, il est à Marseille, qu'il quitte pour s'embarquer à Toulon. Il arrive en Corse. A cause du mauvais temps, il débarque en rade de Santa Maria, au nord de Macinaghju. De là, il reprend la mer pour Bastia. Accompagné de Petru Paulu Colonna de Cesari Rocca et des autres députés corses, il débarque à Bastia. Il y est reçu triomphalement par la population et le maire de la ville Ghjuvan Battista de Caraffa. Il décide de résider chez son frère Clémente. Le Comité Supérieur de Bastia au complet, le Vicomte Armand Charles de Barrin et tous les dirigeants civils et militaires de l'Ile lui rendent visite. Sur son intervention, Francescu de Gaffori est expulsé de Corse, et autorisé à s'embarquer pour Toulon. Puis, de Bastia, il adresse une lettre circulaire à ses compatriotes. En Août, le bruit court, à l'Assemblée Nationale Constituante, déménti par Antoniu Cristufaru Saliceti, qu'il veut soumettre la Corse aux Anglais. En Septembre, à Orezza, il assiste à la première Assemblée Provinciale Electorale qui se tient dans le couvent de San Francescu. Il s'y voit confier le commandement de la Garde Nationale et la présidence du Directoire Départemental (Conseil Général). Il écrit une lettre pour l'Assemblée Nationale Constituante dans laquelle il déclare à nouveau la satisfaction des Corses de faire partie de l'empire français. L'Assemblée Provinciale Electorale lui propose à de lui élever une statue et de lui verser une rente de 50000 livres. Il refuse et la statue et la rente. La statue est décrétée quand même. En Octobre, à l'Assemblée Nationale Constituante, il est accusé par le député Matteu de Buttafuoco pour sa mauvaise gestion administrative, et d'être un agent de l' Angleterre. A Bastia, lors de la réunion du Conseil Général, il propose de réformer l'administration et l'économie de l'Ile. En Janvier 1791, Matteu de Buttafuoco publie un pamphlet contre lui sous le titre de Carattere e condotta politica di Pasquale Paoli, qui condamne sans appel sa politique machiavélique, et qui le traite de vieux renard qui a perdu son poil, mais non sa malice. En Mai, il est à Aiacciu. En Juin, à Corti, dans le couvent de San Francescu, lors de la session extraordinaire du Conseil Général réunie après les émeutes de Bastia, il décide de suspendre la municipalité de la ville, sauf le maire Ghjuvan Battista de Caraffa, qui, souffrant, n'a pas participé aux troubles, et de dérouter les courriers réguliers sur San Fiurenzu. Corti devient le nouveau chef-lieu du Département, ainsi que le siège de l'unique évêché constitutionnel de la Corse. Avec quatre commissaires, assistés d'une imposante force militaire, il décide de se rendre à Bastia pour y rétablir l'ordre. Il arrive à Bastia à la tête de 6000 à 7000 gardes nationaux, recrutés dans l'intérieur de l'Ile. Les membres de la municipalité de la ville et son procureur sont désignés à l'Assemblée Nationale Constituante comme coupables de lèse nation, et sont arrêtés. La population de Bastia est désarmée et soumise, par les gardes nationaux, à des brimades, des exactions et des arrestations. En Juillet, à Corti, lors de la suite de la session extraordinaire du Conseil Général, il décide que toutes les dépenses inhérentes aux derniers troubles de Bastia, dont la nourriture de la troupe, seront entièrement supportées par la population de la ville. C'est, pour les gardes nationaux, l'époque de la Cucagna di Bastia. Il transfère officiellement le chef-lieu de Bastia à Corti ainsi que l'évêché. En Août, il écrit à Ghjuseppu Buonaparte au sujet de la lettre écrite par son frère Nabuliu contre Matteu de Buttafuoco: Elle aurait fait plus grande impression si elle avait dit moins et si elle avait montré moins de partialité. Le 29 Novembre, il écrit à Bonfigliu Guelfucci: J'estime nécessaire une secousse pour assurer la Constitution et savoir à qui nous pouvons nous fier et de qui nous avons à craindre… A Valle di Rustinu, où a lieu le dernier baptême au baptistère de Santa Maria di Riscamone, il est le parrain d'un enfant baptisé Luiggi. En Janvier 1792, il écrit à l'abbé Antoniu Andrei: Cuore in fronte e strada dritta ! (le c¶ur haut, marche droit !). En Février, il est à Munticellu, où il se repose (de sciatique et de mots de reins). En Mars, Antoniu Cristufaru Saliceti réclame sa présence au Directoire du Département à Corti. Le 27 Mars, de Munticellu, il écrit à Petru Paulu Colonna de Cesari Rocca: L'ami Saliceti a les meilleures intentions, mais il ne connaît pas le caractère de notre peuple… Je n'ai pas d'inimité contre lui parce que je l'aime comme un fils… mais il devrait prendre garde à ne plus couvrir les actions de ces jeunes gens qui n'ont pas la plus petite expérience de la politique… Je crois qu'il nous convient peu de nous mêler de ces histoires… En Avril, à Aiacciu, lors d'une émeute, la Garde Nationale intervient au canon et à la mitraille. Il rend Nabuliu Buonaparte et Ghjuvan Battista di Quenza responsables des événements, et les convoque à Corti. Après les avoir sérieusement réprimandés, il fait muter leur bataillon à Corti. Il écrit à la Convention: Je m'éloignerai sans murmure du pays natal qui a honoré ma vie et mon nom… Il est à Corti pour reprendre la direction des affaires du Département. Le 12 Avril, il écrit à Petru Paulu Colonna de Cesari Rocca: Les Gardes Nationales, si elles avaient été bien organisées, nous n'en aurions rien à craindre; mais ils ont voulu en faire un corps de Prétoriens… ces bataillons volent l'argent, et les désordres qu'ils commettent sont imputés à la Nation, alors que pour la plus grande part ils ne sont que le rebut du pays… En Septembre, à la Troisième Assemblée Provinciale Electorale qu'il préside, il demande à renouveler toute l'administration du Département. Le 11 Septembre, il est nommé lieutenant général de la 23ème Région Militaire. Il est chargé de préparer l'attaque contre la Sardaigne, décidée par le Conseil Exécutif de l'Assemblée Législative Nationale. En Décembre, il soutient Carlu Andria Pozzo di Borgo, nommé Procureur Général Syndic du Département de la Corse, en remplacement de Antoniu Cristufaru Saliceti. Il prend clairement ses distances avec les partisans corses de la Révolution, qui engagent contre lui une campagne de dénigrement, qui sera reliée à Paris par le Parti de la Montagne. En Janvier 1793, en désaccord avec l'expédition de Sardaigne, en temps que lieutenant général de la 23ème Région Militaire, il en confie le commandement des opérations à Petru Paulu Colonna de Cesari Rocca. En Février, dans une lettre adressée au Club Patriotique de Toulon, et inspirée par Lucianu Buonaparte, Bartulumeu Arena l'accuse de favoriser, par une incurie délibérément voulue, les menées des ennemis de la liberté, et lui impute l'échec de l'expédition de Sardaigne. En Mars, le consul anglais de Livourne l'informe que le Roi d'Angleterre Georges III est prêt à placer la Corse sous sa protection. Vieilli, il est de plus en plus contesté par Bartulumeu Arena. Lucianu Buonaparte ne le ménage pas plus que Carlu Andria Pozzo di Borgo, en les dénonçant tous les deux au Club Patriotique Toulonnais comme les ressorts principaux de la conspiration contre le peuple. Les Marseillais l'accusent à la tribune de la Convention. Antoniu Cristufaru Saliceti en fait de même. Les Commissaires de la République lui demandent de venir se justifier à Toulon. Prétextant son grand âge et ses infirmités, il refuse. Le Conseil général de la Corse et le Directoire écrivent à la Convention pour protester de son dévouement et le protéger des accusations menées contre lui. En Avril, à la Convention, il est accusé de livrer la Corse aux Anglais. Il est accusé par le député Escudier d'être un traître et un tyran. Sur proposition des députés, un décret prononce sa Translation à la barre de la Convention, ainsi que pour Carlu Andria Pozzo di Borgo. Il reçoit Antoniu Cristufaru Saliceti à Corti. Ce dernier lui demande de ne pas entrer en rébellion ouverte et se rendre à Bastia. Il temporise. Il est déchu de son commandement au profit de Raffaelle de Casabianca, qui est nommé général de division. Les Commissaires de la République reçoivent l'ordre de l'arrêter. Il écrit à la Convention: …Certes je ne suis pas un ingrat, mais je ne suis pas un parjure… En Mai, à Corti, il reçoit avec la plus grande sévérité Nabuliu Buonaparte en fuite d'Aiacciu. A la Cunsulta Straudinaria di Corti, il exprime sa fidélité à la République, les délégués lui renouvellent leur confiance et on lui décerne à nouveau le titre de Babbu di A Patria. Son mot d'ordre est: Tremate Oppressori. La Liberta o la Morte. En Juin, un décret de la Convention concernant son arrestation, casse le décret du 2 Avril, décidant ainsi de surseoir à l'application de la mesure de Translation. La Convention prend pour motif les mouvements des flottes britannique et espagnole en Méditerranée. En Juillet, la Convention déclare nulle la Cunsulta Straudinaria di Corti, et le considère hors la loi et traître à la République. Il gouverne la Corse intérieure, tandis que les ports restent fidèles à la République. En Août, il prend les premiers contacts avec les Anglais: il écrit à Samuel Hood, le vice-amiral de la flotte britannique en Méditerranée, afin de placer la Corsesous la protection du Roi d'Angleterre Georges III. En Septembre, il s'adresse au Roi d'Angleterre Georges III: J'implore au nom de mes compatriotes l'appui de vos armes. Il s'adresse également au Premier Ministre William Pitt, à nouveau à Samuel Hood, et au ministre anglais à Gênes, les assurant que la liberté de sa patrie a toujours été son unique préoccupation, l'objet de ses travaux et la règle de sa conduite publique. Il est à Petralba, puis à Muratu (pour organiser l'arrivée des Anglais en Corse ?). En Décembre, les négociations entre avec les Anglais n'en finissent pas. Ces derniers exigent une soumission complète à Georges III, alors que lui ne demande qu'une protection de nation à nation. En Janvier 1794, Samuel Hood envoie deux officiers anglais afin de le rencontrer. Il écrit alors à ce dernier, en anglais: La Corse se place sous la protection du Roi d'Angleterre Georges III. De Hyères, Samuel Hood suggère qu'une convention soit signée entre Sir Gilbert Elliot, le commissaire plénipotentiaire du gouvernement anglais, et lui, en attendant l'acte définitif de transfert de souveraineté de la Corse à Roi d'Angleterre Georges III. Avec deux autres officiers anglais, Gilbert Elliot débarque à L'Isulà. Il le reçoit à Muratu. En quelques jours, l'accord est trouvé: L'Angleterre va prendre possession de l'Ile. En Février, à San Fiurenzu occupé par les Anglo-Corses, il organise l'investissement de Bastia. En Avril, il est à Furiani. Il échange des lettres avec Samuel Hood et Sir Gilbert Elliot: Les Anglais doivent faire procéder à une consultation populaire, car sa Majesté Georges III est décidée à ne rien conclure sans le libre et général consentement du peuple corse. En Mai, il âecrit un manifeste à ses compatriotes (Il Generale de Paoli ai suoi compatriotti) dans lequel il annonce ses projets d'union de la Corse et de l'Angleterre. En Juin, il préside la Cunsulta Generale di Corti, qui approuve son action et se prononce pour la rupture avec la France. Elle décrète unanimement que tout lien politique et social qui les avait auparavant réunis à la France sera rompu. Elle révoque formellement tous les pouvoirs et commissions donnés autrefois pour représenter le peuple corse en France et auprès de la Convention, et toute autre autorité passée ou présente et de quelque nature que ce soit. La Cunsulta propose de lui décerner le titre de Babbu di A Patria, Fundatore e Ristauratore di A Naziunale Liberta, et qu'un buste en son honneur soit érigé dans la salle des sessions du Parlement. En Octobre, lui qui pouvait logiquement prétendre au titre de Vice-Roi de Corse, il est délibérément écarté du pouvoir. Le Roi Georges III lui attribue une rente viagère de 2000 livres sterling, envisage son retrait des affaires et son rappel à Londres. En Février 1795, il est retiré à U Munticellu, et n'assiste pas à la Première session du Parlement Anglo-Corse, qui se tient à Bastia, en l'église de La Cuncezzione. Il est tout de même élu Président du Conseil d'Etat (mais il refuse cet honneur) par les députés Paolistes. Un buste de lui est inauguré. En Mai, il est à Bastia où il rencontre le Vice-Roi de Corse Sir Gilbert Elliot. Il lui fait part de son désaccord et de son intention de quitter la Corse. En Juillet, à Aiacciu, au cours d'une réception à l'hôtel de ville offerte au Vice-Roi de Corse Sir Gilbert Elliot par la Municipalité, son buste est endommagé par ses adversaires. En Août, au sujet de Sir Gilbert Elliot, qui demande son rappel en Angleterre, il écrit qu' il ne voit et ne sent que ce que lui font voir et sentir les gens qui ont intérêt áa le tromper... En Septembre, Sir Gilbert Elliot décide de précipiter son départ. Il lui fait savoir que le Roi d'Angleterre Georges III le rappelle auprès de lui à Londres. Il s'incline, et accepte de partir. En Octobre, de Mérusaglià, il écrit à Petru Ordioni, pour l'informer de son intention de se rendre à Londres. Il fait route pour Londres. Son bateau, parti de San Fiurenzu, fait voile sur Livourne. En même temps que lui, son ami, le lieutenant colonel Moore, est obligé de quitter la Corse. Les habitants de Mérusaglià et de Pastureccia vident ses maisons pour soustraire à l'ennemi français documents et objets précieux. En Avril 1797, de Londres, il écrit à Antoniu Padovani que la paix ne lui paraît pas lointaine et que la Patrie pourra jouir de sa liberté. En Juillet, il écrit encore à Antoniu Padovani qu'il craint des représailles sur sa s¶ur Maria Chjara (il lui conseille de rentrer dans un couvent), sur la maison de ses neveux (Dionisia, Emmanuele et Pasquale dit Petrinu), et qu'il espère que ses propres écrits seront épargnés. Le peintre Sir Thomas Lawrence exécute un portrait de lui, commandé par la poétesse anglaise Harriet Lee. En 1799, de Londres, il écrit à Ghjuseppu Ottavianu Nobili Savelli, qui émigré est à Florence, qu'il faut faire la paix dans l'Ile, et qu'il craint que l'on tente encore une autre insurrection, style A Crucetta, laquelle risquerait d'être fatale aux Corses. En 1800, de Londres, il écrit à nouveau à Ghjuseppu Ottavianu Nobili Savelli, à Florence, et il réaffirme qu'une autre imprudente insurrection ruinerait l'Ile: Ses habitants seraient envoyés peupler Cayenne. Il écrit à l'abbé Poletti, à Rome, qu'il est normal qu'il soit exclu de l'amnistie, et ne se plaint pas de Nabuliu Buonaparte. Puis, toujours à Ghjuseppu Ottavianu Nobili Savelli, il commente l'insurrection de A Crucetta de 1797. Il désapprouve les novelles insurrections en Corse. Il écrit à Antoniu Padovani ses appréhensions et ses espérances en Nabuliu Buonaparte qui ne peut maltraiter ses compatriotes alors qu'il est libéral avec les Français. Il signale qu'en Angleterre, si l'on regrette d'avoir abandonné la Corse, on dit qu'elle est ingouvernable et peu importante. Il devient membre de la loge maçonnique aristocratique Prince of Wales n°259, très fermée, qui groupe des personnalités de qualité. Il décède à Londres en 1807.
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